19.08.2006

Javier Iturriaga, l'espoir Basque

En me baladant sur le site Wikipedia pour regarder un peu les effectifs des clubs espagnols, je fût assez surpris en regardant la fiche de l'Athletic Bilbao. Tout connaisseur de foot sait que ce club ne recrute que des joueurs basques, alors repérer un petit drapeau Mexicain à côté du nom d'un joueur complètement inconnu m'a laissé perplexe. Etais-ce une erreur? La réponse est non, Javier Iturriaga, qui a intégré en fin de saison dernière l'effectif pro du club basque est bel et bien basque, mais possède un passeport Mexicain.

Les parents de Javier sont 100% basques-espagnols (originaires de Zarauz un village de la province Guipúzcoa) mais leur fils est né en 1983 dans la capitale Mexico DF. Il y a été élevé jusqu'à l'age de 13 ans avant de retourner sur le vieux continent. Sa formation a commencé au sein de l'Instituto de los Cumbres, une école réputée au Mexique. Repéré par des recruteurs de l'Athletic Bilbao lors d'un tournoi au Mexique, la nationalité de ses parents fut déterminante pour qu'il puisse effectuer un essai au sein de l'ancien club de Luis Fernandez. Il laisse donc le Mexique avec beaucoup d'amis pour s'engager dans les rangs de l'école de football du club basque avant d'intégrer le club de Gexto en 2001, puis Barakaldo en 2003, ces deux clubs étant partenaires de l'Athletic Club pour la formation des jeunes joueurs.

Désormais entraîné par Felix Sarriugarte, le club qui a frisé la relégation l'an passé, devrait offrir plus de temps de jeu à ses jeunes joueurs, dont Javier dont la technique et la vitesse ne passent apparement pas inaperçus. Il a récemment déclaré que jouer sous les couleurs des Aztèques serait une grande fierté, plus que de joueur pour l'Espagne. Tout comme Giovanni dos Santos ou Nery Castillo, le jeune basque a fait son choix, pour le plus grand bien du football Mexicain.

05.08.2006

Nouvelles Têtes chez les Espoirs

Mise à jour de l'album concernant les espoirs du football Mexicain.
Retrouvez de nouvelles têtes qui devraient percer dans les années à venir.

- Luis Landin (Pachuca)
- Antonio Olvera (Santos Laguna)
- Efraín Juárez (FC Barcelone)
- Jorge Hernández (FC Barcelone)
- Francisco Mendoza (CD Chivas USA)
- Luis Robles (Atlas Guadalajara)
- Jonathan dos Santos (FC Barcelone)
- Nery Castillo (Olympiakos Le Pirée)
- Patricio Araujo (Chivas Guadalajara)
- Severo Meza (Rayados de Monterrey)

15.06.2006

Bravo n'a pas froid aux yeux

Douter ? Jamais. Auteur d'un doublé face à l'Iran pour la première sortie du Mexique, Omar Bravo est sûr et certain que son équipe va réaliser des exploits à la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006. L'attaquant des Chivas de Guadalajara affiche sa confiance. Interrogé sur l'équipe qui l'a le plus impressionné, il répond d'ailleurs sans hésitation : "Le Mexique". Et en dehors du Mexique ? "Le Mexique". Omar Bravo n'a visiblement pas froid aux yeux !

Sans se départir de son flegme, Bravo revient sur son premier match de Coupe du Monde de la FIFA. S'il avait peu d'expérience des compétitions internationales en sélection A à son arrivée en Allemagne, il n'en a pas moins offert des prestations dignes d'un vétéran. "Avant le match, j'étais tendu ; c'est normal d'être nerveux en Coupe du Monde. Mais on s'était bien préparés et je m'étais mis dans la tête l'idée de bien jouer et de gagner. C'est pour ça que tout s'est bien passé."

Omar a inscrit le premier but aztèque d'Allemagne 2006, avant que l'Iran égalise, donnant du fil à retordre aux Tricolores. Mais une autre réalisation de l'attaquant a redonné l'avantage au Mexique, qui est ensuite parvenu à tenir le score. "Quand j'ai marqué le premier but, j'ai ressenti une vive émotion, un grand bonheur. Tous les attaquants sont heureux de marquer mais, le plus important, c'était de mener au score. Ensuite, quand ils ont égalisé, je n'ai jamais pensé que c'était fini pour nous. J'étais juste énervé de ne pas réussir à reprendre l'avantage. Mais l'équipe a commencé à créer des espaces et j'ai su que le moment était venu de faire la différence. Par chance, c'est comme ça que ça s'est passé", raconte-t-il pour expliquer ses sentiments au cours de cette rencontre exaltante.

Le piège africain

Le prochain adversaire du Mexique est maintenant l'Angola. Selon Bravo, qui témoigne un grand respect pour la sélection africaine, les Aztèques doivent veiller à ne pas pécher par excès de confiance. "Il n'y a pas d'adversaire facile, les distances se sont beaucoup réduites dans le football. On se prépare à fond pour gagner. Si on y arrive, la qualification sera à portée de main."

L'attaquant, selon qui son équipe ne prend rien à la légère, explique comment il imagine le jeu des Africains : "On a visionné des vidéos de l'Angola, de la Coupe du Monde mais aussi de toutes ses rencontres aux éliminatoires. C'est une équipe qui mérite sa qualification et ce sera très difficile. J'imagine que le Mexique donnera le tempo du match, avec beaucoup d'efforts et d'envie. L'essentiel, c'est de toujours proposer des solutions en attaque, quelles que soient les caractéristiques de l'adversaire".

"Je veux être champion du monde"

A l'heure de conclure, Omar Bravo affiche sans crainte ses ambitions : l'attaquant ne sera satisfait que s'il brandit le Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA à la clôture d'Allemagne 2006. "J'essaye de me transcender avec le Mexique, d'être sacré champion du monde. Pour ça, il faut disputer sept finales. Dieu merci, on en a déjà remporté une. Pour moi, ce serait la Coupe du Monde rêvée."

Qui serait alors le malheureux finaliste face au Mexique ? Le buteur aztèque termine l'interview en dévoilant sa finale de rêve : "Le pays organisateur, l'Allemagne, ou le Brésil. Tous deux sont des puissances mondiales. Ce match, il faudra le gagner à tout prix, que ce soit en 90 minutes ou plus".

13.06.2006

Oswaldo Sánchez du rire aux larmes

C'est un moment diablement émouvant. Ali Daei, le capitaine iranien, s'approche d'Oswaldo Sánchez, un bouquet de fleurs à la main. Le portier mexicain le reçoit les yeux humides et écoute les paroles de réconfort de son homologue perse, Ebrahim Mizrapour. Il baisse le regard vers le sol, applaudit, puis s'apprête à débuter la rencontre.

Rentré à Mexico pour y assister à l'enterrement de son père, le dernier rempart aztèque était revenu la veille en Allemagne. Néanmoins, pas question de perdre le premier match du Mexique dans la compétition, d'autant qu'il avait suivi toutes les rencontres des Tricolores depuis le banc lors de France 98 et de Corée/Japon 2002. "Je suis sûr que mon père m'a aidé de là-haut... Il était heureux que je sois titulaire pour la Coupe du Monde", a-t-il confié à l'issue de la rencontre.

Sur son premier ballon, Sánchez réussit un arrêt sur une excellente frappe de Vahid Hashemian qui menaçait de filer au ras du poteau. Tout au long du match, il ne se départit pas de cette assurance qui le caractérise. Les tribunes aux couleurs des Verts saluent chacune des parades de leur idole et entonnent des "Oswaldo, Oswaldo !".

À la fin du match, survient le moment le plus fort en émotion de la soirée. Les joueurs mexicains se précipitent vers leur gardien pour le féliciter. Les larmes se mêlent aux rires. Le Mexique s'est imposé et ses footballeurs peuvent dédier cette victoire à M. Felipe Sánchez.

Lors de la conférence de presse qui suit, le sélectionneur, Ricardo La Volpe, conclut la mémorable soirée d'Oswaldo en déclarant : "Je suis certain que la confiance que lui a transmis Felipe de là-haut sera comme un ange gardien tout au long du tournoi. Elle lui a donné la force de répondre présent dans les buts aujourd'hui, et en a fait le leader et le moteur de ce groupe".

06.06.2006

Rafa Marquez : L'élément central

Depuis l'époque du fabuleux Hugo Sanchez, pas un seul joueur mexicain n'a réussi à percer à l'étranger, si ce n'est Rafael Márquez. Tantôt défenseur central, tantôt milieu récupérateur, l'élégant Barcelonais s'est fondu avec aisance dans le moule du football espagnol, au point de devenir l'un des piliers d'une équipe qui a su concilier jeu bien léché et victoires stupéfiantes.

Ce succès ne doit rien au hasard. Márquez a en effet hérité d'un talent hors du commun. Là où nombre de ses homologues de la charnière centrale ont fréquemment recours aux fautes, lui préfère la plupart du temps utiliser son intelligence et son expérience pour dérober le ballon aux attaquants adverses. Technicien irréprochable et relanceur appliqué, Márquez sait garder la tête froide lorsqu'il s'agit d'écarter le danger.

"C'est un élément prépondérant de l'équipe, souligne Ricardo La Volpe, l'entraîneur du Mexique, l'un de ses plus fervents admirateurs. Il peut glisser sans problème au milieu, dans l'axe et se pose en véritable leader du groupe."

Meneur et technicien, polyvalent, Marquez est tout ça à la fois, mais il est plus encore. Depuis des années, on reproche souvent aux footballeurs mexicains expatriés de ne pas savoir s'adapter aux championnats étrangers. Ainsi, de nombreuses vedettes qui ont tenté leur chance récemment en Europe ont dû boucler leurs valises après quelques mois, faute d'avoir véritablement convaincu.

L'aventure européenne
Cette critique ne concerne cependant pas Márquez, qui a bousculé les habitudes en choisissant de quitter le Mexique très jeune. Remarqué - et très vite sollicité - par l'AS Monaco lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Mexique 1999, le jeune Márquez, 19 ans à peine, a accepté sans hésiter l'offre princière.

Le succès du jeune homme a été fulgurant. Il s'est d'abord affirmé comme titulaire, avant de remporter le titre de champion de France, pour sa première saison avec le Monaco des Fabien Barthez, Thierry Henry ou David Trezeguet.

La suite a été à l'avenant. Ce défenseur de devoir n'a pas eu à regretter son choix, en devenant, lors des trois années suivantes, l'un des rouages des Monégasques. Même chose en équipe nationale, où l'homme en forme de l'ASM est passé du statut de jeune espoir à celui de pièce maîtresse. Il était donc logique que Javier Aguirre lui confie le brassard de capitaine pour la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, un honneur qu'il n'a partagé, à ce jour, qu'avec Oswaldo Sánchez, le gardien mexicain.

Mature, en pleine confiance et capable d'assurer le spectacle, Márquez tutoie aujourd'hui les sommets, comme en témoigne son premier titre de champion d'Espagne, acquis la saison dernière avec la machine à gagner catalane. De là à confirmer avec le Mexique son statut de leader inspiré, il n'y a qu'un pas, qu'il espère franchir en Allemagne.

Présentation en VO

Sin lugar a dudas, Rafael Márquez es el mejor defensa central del futbol mexicano en la actualidad, lo ha demostrado en Mónaco y en Barcelona.

Rafa debutó con los Zorros del Atlas en el Torneo Invierno 96 y para el Verano 97 ya era titular indiscutible, aunque no jugó ni un minuto del Invierno 97 por lesión, pero se recuperó para hacerse dueño de la zaga rojinegra, a la que abandonó después de perder el título del Verano 99 ante el Toluca.

Bora Milutinovic lo debutó en la selección nacional a inicios de 1997 enfrentando a Ecuador en el Estadio Azteca. Manuel Lapuente lo tomó en cuenta hasta 1999, pero fue titular en la Copa América y de ahí se proyectó para que lo comprara el Mónaco de Francia.

Su adaptación en Francia fue inmediata, se convirtió en un bastión de la zaga monaguesca y contribuyó a que el equipo del principado se coronara en la temporada 1999-2000.

Estuvo tres temporadas más ahí hasta que fue transferido al Barcelona de España a inicios de la campaña 2003-2004, mucho se habló en el pasado de un posible fichaje con el Real Madrid, pero fueron los catalanes los que adquirieron sus servicios.

Con Barcelona consiguió el título de liga en la campaña 2004-2005. A pesar de que sus constantes lesiones son una amenaza para su continuidad es uno de los elementos que será titular con México en Alemania 2006.

Les glorieux anciens

Jesus Arellano (Rayados de Monterrey)
Clubs précédents : Rayados de Monterrey, Chivas de Gudalajara

Ailier droit d'une vitesse et d'une puissance spectaculaires, Arellano a été l'un des protagonistes de la campagne aztèque à France 1998, où le Mexique a atteint les huitièmes de finale avant de s'incliner face à l'Allemagne. El Cabrito, qui a également joué trois matches de la Coupe du Monde de la FIFA 2002, affiche donc un total de sept apparitions lors de la reine des compétitions. Par ailleurs, Arellano, qui a représenté son pays aux Coupes des Confédérations de la FIFA 1999 et 2001, figure dans la liste des 20 joueurs les plus capés de l'histoire du Mexique.

Claudio Suarez (Chivas USA)
Clubs précédents : Pumas UNAM, Chivas de Guadalajara, Tigres UANL

A 37 ans, ce défenseur central au parcours impressionnant est devenu l'une des grandes surprises de la sélection aztèque pour Allemagne 2006. Actuellement pensionnaire des Chivas USA, Suárez est le footballeur le plus capé du Mexique, avec plus de 170 sélections à son actif. L'ancien joueur des Pumas, des Chivas et des Tigres ne manque pas de qualités. Capable d'occuper différents postes sur le terrain, il est le timonier nécessaire à toute arrière-garde lors de matches à enjeu. Pour sa troisième Coupe du Monde de la FIFA, Suárez espère oublier sa déception de 2002. Alors blessé, il n'avait pas pu participer à l'édition asiatique.

Rafaël Garcia (Atlas Guadalajara)
Clubs précédents : Pumas UNAM, CD Toluca, Cruz Azul

Joueur appliqué et polyvalent, "Chikis" García évolue généralement sur le flanc gauche du milieu de terrain, bien qu'il puisse aussi jouer plus haut. Il a porté le maillot mexicain à l'occasion du Championnat du Monde U-17 de la FIFA 1991, du Championnat du Monde Juniors de la FIFA 1993, de la Coupe des Confédérations de la FIFA 1999 et de la Coupe du Monde de la FIFA 2002, lors de laquelle il n'a joué que 15 minutes, contre l'Italie. García totalise cinq apparitions en compétition préliminaire pour Allemagne 2006.

Ramon Morales (Chivas de Guadalajara)
Club précédent : Rayados de Monterrey

Régulièrement convoqué en équipe nationale aztèque, Morales est considéré comme l'un des milieux de terrain les plus doués du championnat mexicain. Autant à la Coupe du Monde de la FIFA 2002 qu'à la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005, il a disputé les quatre matches des Tricolores. Bon passeur, El Moncho possède une belle pointe de vitesse et une frappe dangereuse sur coup franc. Frère aîné de Carlos Morales, milieu des Tigres, Ramón a disputé cinq matches au cours de la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006.

05.06.2006

Pavel Pardo IR-REM-PLA-ÇA-BLE

Il brille peut-être moins sous les projecteurs que certains de ses glorieux partenaires. Il n'a peut-être pas l'aura d'un Jared Borgetti ou d'un Oswaldo Sanchez, capables, l'un de faire trembler les filets, l'autre d'écarter les ballons brûlants. Il n'est peut-être pas l'une de ces idoles, chouchous des médias, mais son rôle au sein de l'équipe du Mexique est tout aussi important. En fait, il est… IR-REM-PLA-ÇA-BLE, qualité dont peu de joueurs Tricolor peuvent se targuer.

Dès ses premières courses, ballon au pied, alors qu'il est encore tout jeune, l'évidence saute au yeux : Pavel Pardo présente une autre dimension. Dans un pays où on ne lance les jeunes footballeurs qu'à la vingtaine bien sonnée, le club d'Atlas prend tout le monde à contre-pied et lance le jeune arrière droit dans le grand bain. Il n'a alors que 17 ans.

Peu expérimenté, certes, le jeune Pavel compense largement cette lacune en montrant technique et assurance. Des qualités suffisantes pour lui permettre de gagner rapidement ses galons de titulaire à Atlas, club toujours enclin à miser sur la formation. Le futur confortera même le club aztèque dans ses choix avec l'éclosion de talents de la trempe de Rafael Márquez, aujourd'hui titulaire indiscutable au FC Barcelone.

Pardo, lui, poursuit son apprentissage, s'étoffant au fil des rencontres au point de gagner le droit de s'aligner sur la scène olympique lors des Jeux du Centenaire, en 1996. A Atlanta, il est ainsi l'un des éléments les plus en vue d'une formation Tricolor, finalement éliminée par le Nigeria, futur champion olympique.

Des rangs olympiques à ceux de l'équipe nationale, il n'y a qu'un grand pas que Pardo, à grandes rasades de talent, franchit peu à peu. Comment aurait-on pu d'ailleurs se passer d'un défenseur aussi tenace, aussi fin technicien et doté d'un tir lointain aussi précis ?

Sous la houlette du célèbre Manuel Lapuente, Pardo effectue ses premiers pas en Coupe du Monde de la FIFA lors de France 1998. Au sein d'une équipe dotée d'une technique et d'un style offensif impressionnants, il devient l'un des titulaires indiscutables du Mexique, ce qui lui permet de gagner, un an plus tard, ses premiers lauriers. Le triomphe des Tricolores, à domicile, lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Mexique 1999, lui doit beaucoup et lui permet de rallier América, l'un des clubs les plus huppés du pays.

Sa carrière internationale prend cependant un tour moins reluisant dans les années qui suivent. Une baisse de forme du défenseur, un Mexique moins en verve… Il n'en faut pas plus pour pousser Enrique Meza, le sélectionneur de l'époque, vers la sortie. Au grand dam de Pavel Pardo, puisque Javier Aguirre, le nouveau coach, choisit de remodeler totalement sa formation. Pardo est donc privé de Corée/Japon 2002 et de sa deuxième Coupe du Monde de la FIFA.

Nouveau rôle
Au moment où ses ambitions internationales connaissent un sérieux coup d'arrêt, Pardo recroise la route de Manuel Lapuente, appelé aux commandes d'América. Ce dernier lui a proposé un nouveau rôle, un cran plus haut. Ce choix judicieux relance de manière spectaculaire la carrière de Pardo. En quelque douze mois, le pivot du milieu de terrain a repris des couleurs, retrouvé sa forme et sa place au sein de l'équipe nationale, qu'il n'a plus quittée depuis.

Lorsque Ricardo La Volpe remplace Aguirre à la tête de la sélection, l'ex-défenseur est devenu l'un des lieutenants les plus appréciés du tacticien argentin. Ainsi, Pardo a pris une part prépondérante dans la marche victorieuse du Mexique vers Allemagne 2006. Lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005, il a même hérité, en l'absence de Rafael Marquez, blessé, du brassard de capitaine. Une autre marque de confiance.

Aujourd'hui au sommet de son art, Pardo a tout pour devenir l'une des figures de proue de son pays. Loin de l'idée reçue qu'on a généralement des milieux récupérateurs, il mène davantage le jeu qu'il ne le détruit, dans un rôle de plate-forme très apprécié de ses partenaires, attaquants ou défenseurs. Avec ses coups francs diaboliques, Pardo incarne le rêve mexicain, en quête d'un exploit historique en Allemagne. Il est vraiment IR-REM-PLA-ÇA-BLE.

Peu médiatisés mais indispensables...

Francisco "Kikin" Fonseca (Cruz Azul)
Clubs précédents : Leon, Yucatan Mérida, Curtidores, La Piedad, Pumas UNAM

Joueur en activité le plus célèbre du Mexique depuis le départ à la retraite du gardien Jorge Campos, Fonseca peut évoluer en pointe ou sur le flanc droit du milieu de terrain. Auteur de dix buts en onze matches de compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006, il a également fait trembler les filets à deux reprises lors de ses quatre rencontres de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005. Batailleur, "El Kikin" donne le meilleur de lui-même pour son club et son pays. Début 2005, Fonseca a été au cœur de l'un des plus gros transferts de l'histoire du championnat mexicain, lorsqu'il a signé à Cruz Azul.

Luis Ernesto Perez (Rayados de Monterrey)
Club précédent : Necaxa

Ce milieu de terrain intelligent a fait ses débuts dans le championnat mexicain en 1999, au sein de Necaxa, avec qui il a obtenu l'un des plus grands succès de sa carrière en finissant troisième du Championnat du Monde des Clubs de la FIFA 2000. Plutôt trapu, Pérez est doté d'une technique remarquable et se révèle maître dans l'art des coups de pied arrêtés. Grand fan d'Alessandro Del Piero, Pérez est devenu un véritable héros à Monterrey, où il a signé en 2003. Médaillé d'argent avec le Mexique aux Jeux Centraméricains et Caribéens 2002, il a aussi défendu les couleurs de son pays pour le Championnat du Monde U-17 de la FIFA 1997, les Jeux Olympiques 2004 et la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005. Titulaire de la sélection lors de la compétition préliminaire pour Allemagne 2006, il a inscrit 5 buts en 11 matches.

Gerardo Torrado (Cruz Azul)
Clubs précédents : Pumas UNAM, CD Tenerife (ESP), CP Ejido (ESP), FC Séville (ESP), Racing Santander (ESP)

Bon tacleur, ce milieu de terrain n'hésite pas à monter pour apporter son soutien à l'attaque, comme le prouve son but décisif lors de la victoire 2-1 du Mexique sur l'Equateur à la Coupe du Monde de la FIFA 2002. Torrado a défendu les couleurs du Mexique à l'occasion du Championnat du Monde Juniors de la FIFA 1999 et des Coupes des Confédérations de la FIFA 1999 et 2005. Aligné dans le onze de départ pour la première sortie de la sélection aztèque à Allemagne 2005, il a ensuite été abonné au banc. Torrado a disputé cinq matches de la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006. Il a récemment rejoint les rangs du club mexicain de Cruz Azul après avoir évolué dans les rangs de plusieurs clubs espagnols.

Antonio Naelson "Zinha" (CD Toluca)
Clubs précédents : Rio Branco (BRA), Saltilllo, Rayados de Monterrey

Né à São Paulo, au Brésil, Antonio Naelson Matiasar a adopté la nationalité mexicaine et joue désormais sous le nom de Zinha. Archétype du meneur de jeu à la fois rapide et athlétique, il possède une excellente vision du jeu et une bonne technique. Il a évolué en deuxième division mexicaine avant que ses talents ne soient vraiment reconnus avec Toluca, en 1999. Titulaire de la sélection du Mexique, Zinha a disputé douze matches et inscrit trois buts lors de la compétition préliminaire pour Allemagne 2006. Il a également disputé quatre rencontres de la Coupe des Confédérations de la FIFA, l'été dernier, et défendu les couleurs du Mexique aux Jeux Olympiques d'Athènes 2004.

Gonzalo Pineda (Chivas de Guadalajara)
Club précédent : Pumas UNAM

Ancien étudiant en architecture, Gonzalo Pineda évolue au poste de milieu axial sous les couleurs des Pumas de la Universidad Nacional Autónoma de Mexico. Joueur défensif à l'origine, ce gaucher très technique recruté par les Pumas à 13 ans est devenu une bonne solution offensive. Il n'avait pas disputé un seul match de première division avant d'être sélectionné pour les Jeux Olympiques 2004. Après avoir fait ses débuts avec les Pumas en 2003, il a été aligné à deux reprises à Athènes. Pineda a disputé dix rencontres de la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA, la plupart comme remplaçant, et les cinq matches du Mexique à la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005.

Ricardo Osorio (Cruz Azul)
Formé au club

La vitesse et la technique d'Osorio, qui a fait ses débuts en 2002 à Cruz Azul, ont eu tôt fait d'attirer l'attention du sélectionneur national, Ricardo La Volpe. Né à Huajuapam de León, Osorio est un récupérateur dynamique, capable d'évoluer dans l'entrejeu comme en défense. Il peut être associé à Rafael Márquez. Auteur de l'un des buts du nul 2-2 décroché par le Mexique face à l'Uruguay lors de la Copa América 2004, il a été aligné dans le onze de départ du Mexique pour les cinq matches de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005. En demi-finale de la compétition, il a échoué lors de la séance de tirs au but contre l'Argentine, synonyme d'élimination de son équipe. Il a disputé huit matches de la compétition préliminaire pour Allemagne 2006.

Interview d'Oswaldo Sanchez

S’il est un élément irremplaçable parmi les 23 élus de la sélection mexicaine, c’est bien le gardien Oswaldo Sánchez. A 31 ans, le joueur des Chivas Guadalajara aborde la Coupe du Monde de la FIFA au plus fort de sa carrière. Sa vivacité, ses mains d’acier et son intelligence joueront un rôle crucial dans les performances du Mexique en terre allemande. A la veille du grand jour, il a confié son espoir de remporter le tournoi.

Oswaldo, on vous considère comme l’un des meilleurs gardiens du monde. Espérez-vous cimenter votre réputation en Allemagne ?
Sachez tout d’abord que ce compliment me touche beaucoup. Et bien sûr, je souhaite me distinguer pendant le tournoi, mais ce qui m’importe avant tout, c’est que la sélection mexicaine réalise un beau parcours.

Selon vous, quelles sont les chances du Mexique à Allemagne 2006 ?
Avec une équipe armée de joueurs de haut calibre comme la nôtre, tout peut arriver. Nous voulons être champions du monde et nous travaillons dur pour y arriver.

Qu’est-ce qui vous rend si confiant ?
La qualité de nos footballeurs, comme je viens de le dire, et l’excellente ambiance qui règne au sein de l’équipe. On s’entend tous très bien, et ça, c’est une des clés du succès.

Le Mexique est donc prêt à vaincre la malédiction des huitièmes cette fois ?
Absolument. Mais nous ne devons pas sous-estimer nos adversaires du premier tour. Ils sont dangereux et c’est là-dessus qu’il faut nous concentrer pour l’instant. Après, on verra.

Le Mexique attend beaucoup de votre équipe…
Oui, nous en sommes conscients. Nous le devons sans doute à nos prestations lors des éliminatoires et de la Coupe des Confédérations de la FIFA l’an dernier. A présent, il nous reste à offrir une belle compétition mondiale à nos supporters.

A propos de la Coupe des Confédérations de la FIFA, ce voyage vous a-t-il donné l’occasion de découvrir la culture allemande ?
Malheureusement, le tournoi ne nous en a pas vraiment laissé le temps, mais le peu que j’en ai vu m’a beaucoup plu. J’espère avoir le loisir d’en découvrir davantage cette fois-ci.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qu’est-ce qui vous définit le mieux ?
Le travail, c’est tout ce que je peux dire. Je me donne toujours à 100 % sur le terrain. Pour le reste, ceux qui me verront jouer en Allemagne pourront juger par eux-mêmes. J’espère leur plaire.

30.05.2006

Le miracle Guillermo Franco

Première sélection, arrivée en Europe et fabuleuse épopée en Ligue des Champions UEFA... Guillermo Franco a vécu une année extraordinaire. Qu'on se le dise, natif d'Argentine, l'attaquant de la sélection mexicaine à la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 est un footballeur atypique.

Pour des raisons rapidement évidentes, Guillermo Franco est très croyant, autant que sa foi en Jésus, en ses capacités et en sa bonne étoile sont inébranlables. Le 25 avril, vers la fin du match retour de la demi-finale de la Ligue des Champions UEFA, le joueur aux 30 printemps a pris conscience de la force du destin.

L'attaquant du Sous-marin jaune s'est élevé avec autorité au-dessus des deux tours de la défense centrale d'Arsenal, Sol Campbell et Kolo Touré, pour reprendre un centre venant de la droite. Alors que le gardien de but Jens Lehmann restait figé sur ses appuis et que le stade Madrigal, plein comme un œuf, attendait que les filets tremblent, son coup de tête fulgurant est passé à ras du poteau, s'écrasant contre un panneau publicitaire situé derrière le gardien, avant que le ballon ne revienne à ses pieds. Franco, auteur un peu plus tôt dans la partie d'un "but" refusé, d'une occasion en or superbement annihilée et d'une tentative repoussée in extremis devant le but adverse, a ramassé ce ballon boomerang pour le porter à la hauteur de son visage, le défier en tête-à-tête, avant de crier sa rage.

"Le ballon ne voulait tout simplement pas rentrer", a déclaré Franco courageusement devant la presse internationale pendant que Juan Roman Riquelme, affecté par l'arrêt de son penalty de la dernière chance, préférait s'esquiver derrière lui. "Ce soir, il était dit qu'aucune de nos tentatives n'aboutirait. Je crois qu'on aurait pu jouer six ou sept heures de plus sans marquer. Dans le football, il faut savoir être philosophe."

Le combat pour la vie

Une attitude louable qui a aidé Franco à surmonter la charge mentale du match, là où d'autres joueurs, peut-être plus talentueux, ont craqué. Performant dans les airs et ne rechignant pas à la tâche, Franco affiche une combativité à toute épreuve, une qualité dont il fait preuve depuis sa naissance.

Franco raconte lui-même comment sa mère, Ada Virginia, deux semaines avant la date théorique de son accouchement, a eu la soudaine sensation que quelque chose ne tournait pas rond en se précipitant chez un médecin de Corrientes, ville située au nord-est de l'Argentine.

"Il n'y avait aucun symptôme de maladie, raconte Franco. Ma mère a simplement dit qu'elle avait eu une prémonition. Elle était persuadée que son bébé était en train de mourir et a convaincu le médecin de l'emmener à l'hôpital. Là, ils ont découvert que le cordon ombilical, enroulé autour de mon cou, m'étranglait."

Une césarienne en urgence a été effectuée et, après avoir survécu - de justesse - dans un incubateur pendant deux semaines, le bébé, baptisé Guillermo, est finalement sorti d'affaire. Ada, cependant, n'était pas destinée à élever l'enfant qu'elle avait sauvé. A l'âge de quatre ans, Franco a vu ses parents divorcer et son éducation être assurée par sa grand-mère Eva. "Les temps étaient durs, reconnaît-il. Nous n'avions pas beaucoup d'argent et j'en ai voulu à Dieu de ne pas m'avoir permis d'être élevé normalement par une mère et un père."

Un jour, à l'âge de neuf ans, Franco est sorti tout mouillé de la douche pour aller se chercher une boisson dans le vieux réfrigérateur de sa grand-mère. En touchant la poignée, il a été parcouru par 120 watts d'électricité. Le garçon est tombé à terre sous la violence de la décharge, en parvenant toutefois à crier à l'aide. Alertée, Eva s'est précipitée dans la cuisine pour essayer de retirer l'enfant du réfrigérateur d'une main, tout en tenant une petite chaise en bois de l'autre. Tous deux électrocutés pendant plusieurs minutes, ils ont miraculeusement survécu, comme l'atteste encore leur église locale.

"Nous aurions dû mourir, avoue Guillermo. Des experts sont venus nous le dire. Ils ont expliqué que mon corps aurait dû exploser parce que la surtension électrique double quand deux corps sont liés. Le petit bout de bois tenu par ma grand-mère n'aurait pas pu repousser le choc." Sur les murs de l'église de Corrientes, on peut lire les mots suivants sur une plaque relatant le phénomène : "les miracles existent bel et bien dans la vie".

Le bonheur à l'horizon

Jouant au football toute la journée dans la rue, le garçon miraculé allait devenir une sorte d'as du ballon rond. Après être revenu vivre chez son père à l'âge de 14 ans, "Guille" allait cependant rapidement repartir, recruté au sein du centre de formation de San Lorenzo, club de Buenos Aires.

Loin de sa famille, Franco a dû relever le défi émotionnel que lui lançait la grande ville. Pendant un certain temps, l'adolescent a vécu sur un bateau ancré à l'écart de Puerto Madero. La pénurie d'argent lui donnait de terribles cauchemars.

C'est à 17 ans que Franco a rencontré Dieu. "Une personne m'a abordé dans la rue, m'a dit 'Jésus vous aime' et m'a invité à une réunion, se souvient-il. Adolescent, j'avais un fort caractère, mais j'étais aussi un peu affecté et renfrogné. A partir de ce jour, donc, j'ai appréhendé Dieu différemment. Il a changé ma personne et aujourd'hui, je suis ce que je suis grâce à lui."

Le 12 mai 1996 marque les débuts de Franco sous le maillot un peu vieillot de San Lorenzo, où il remportera deux titres en l'espace de six ans. La crise financière qui touche durement l'Argentine lui permet alors de bénéficier d'un "bon de sortie" pour jouer à Monterrey au Mexique. L'attaquant âgé de 26 ans, entre-temps marié et père d'un enfant, ne fera plus marche arrière.

Audacieux, rapide et déterminé, Franco a rapidement été adopté par les supporters grâce à ses 57 buts inscrits en quatre saisons et à sa contribution au titre décroché par le club en 2003. C'est lors de sa quatrième saison que le sélectionneur du Mexique, Ricardo Lavolpe, lui a demandé s'il était prêt à porter le maillot des Tricolores sur la scène internationale.

"Le Mexique m'a donné tout ce que j'ai, explique-t-il. Il m'a donné deux filles, la stabilité financière et la chance de devenir quelqu'un de meilleur. Je me suis dit que c'était l'occasion de lui témoigner ma gratitude."

Après avoir brillamment découvert le football européen en Primera Liga espagnole, Franco espère couronner de succès une année sensationnelle à la veille de la Coupe du Monde de la FIFA, qui verra le Mexique affronter l'Angola, l'Iran et le Portugal dans le Groupe D. "Ce n'est certainement pas un 'groupe de la mort', mais je ne pense pas que ce sera aussi facile que certains le prétendent, dit-il. Les joueurs iraniens et angolais voudront à tout prix faire honneur à leur pays et le Portugal est une équipe très talentueuse."

Le Mexique n'est jamais parvenu à franchir le stade des quarts de finale d'une Coupe du Monde de la FIFA. "Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi, s'interroge Franco. Je veux dire, il y a eu suffisamment de bons joueurs et je ne pense pas qu'il nous faille changer notre façon de jouer pour réussir."

"Bien sûr, la presse a émis quelques critiques à l'égard de Ricardo La Lavolpe, qui a parfois du mal à faire passer son message auprès des joueurs, mais il règne une bonne ambiance dans l'équipe ; nous sommes tous unis. Je pense que nous franchirons la phase de groupes et pourrions même atteindre les demi-finales, voire la finale."

Avec la mise à l'écart controversée de Cuauhtemoc Blanco, sans doute le joueur mexicain le plus populaire à l'heure actuelle, la responsabilité de trouver le chemin des filets incombera à l'attaquant de Villarreal et à Jared Borgetti, le meilleur buteur aztèque.

Si, grâce à ses réalisations, Franco devait mettre son pays d'adoption sur le chemin de la gloire, il se pourrait que l'on assiste assez souvent au traditionnel salut bras levés vers le ciel des Tricolores. "Ma vie est un miracle, dit-il. Si c'est le bon moment pour moi et le Mexique, Dieu le voudra."

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